lundi 23 juillet 2012

Allo darlin' ou, Mes yeux sont rouges

Europe, Allo Darlin'
Fortuna pop!

Il y a un mois, en écoutant Tindersticks, je me suis demandé s'il existait de belles chansons optimistes et joyeuses.
Voyez, le genre de morceaux entièrement en majeur, des paroles heureuses et un accompagnement enivrant.
Sur le coup, ça me paraissait inexistant. J'ai cherché. Je me suis pourtant creusé la cervelle...
Je suis arrivé à ce triste constat : dans la musique indépendante, il faut être au bord du suicide pour atteindre et même avoir une certaine grâce. Quelque chose de beau.
C'est ma foi embêtant. Car il existe bien quelques exceptions, je pense notamment à If You're feeling Sinister de Belle And Sebastian. Mais même dans le titre éponyme de cet album, il y a toujours cette mélancolie présente. Un état d'âme sombre.
Aussi étonnant qu'un groupe de députés UMP appelant à voter Sarkozy, je reste, au moment de mon questionnement, sans réponses concrètes.
A la recherche, je dirais même, à la poursuite de ce nouvel Eldorado qu'est la "belle chanson joyeuse", je me perdis dans les méandres abscons de la surf pop ou même du rock californien. Où la bouillie sentimentale, certes joyeuse, éclabousse et entrave toute tentative de fournir envolées épiques et motifs musicaux classes.
Vint un jour, une soirée, euh... une nuit en fait, où la lumière fut. Longtemps après l'aurore, et à la suite de quelques événements pas vraiment joyeux me concernant, je me rendis, sur les conseils d'un bon copain (dont le nom est Léa, sans rire) dans une cave pour concert dans le quartier battant de la ville de Besançon : Les Passagers du Zinc.
Je me sens obligé de faire une petite parenthèse.
Les Passagers du Zinc est une salle (cave) de concert à la renommée mondiale. Beaucoup de très bons groupes viennent s'y produire. La programmation exceptionnelle pourrait faire jalouser n'importe quelle salle de concert. Vous savez ce genre de salle vachement hypocrite qu'est là pour faire plaisir au maire de la ville et donner bonne conscience au département de la culture du Conseil Régional. Promouvoir la musique locale... cette blague... Même la Coopérative de Mai a échoué dans ce domaine...
Et pourtant Dieu sait que je ne suis pas objectif lorsque je parle de choses qui ont un lien proche ou lointain avec la ville de Clermont-Ferrand...
Bref. Les Passagers du Zinc qui a, parmi tant d'autre, fait venir Karkwa, est une excellente salle de concert qui menace de fermer à la rentrée de l'année prochaine. En même temps que le Maquis et la Cour des Miracles qui sont des bastions de la musique bisontine. Ces trois café-concerts en moins, je parie que la musique à Besançon va prendre un sacré coup dur...
Il y a deux jours, je me rendis donc dans la cave de ce bar. J'arrivai en plein pendant le concert de Steack Number Eight. Du métal atmosphérique. Vraiment bon. Je me suis éclaté. Mon pote Léa était là, en transe les mains sur la tête, ses long cheveux fouettant le sol au rythme de ses violents hochements de tête. Faisant des gros et rauques "OOHH" à intervalles réguliers. Les yeux fermés et le visage crispé, on avait l'impression qu'il allait s'agenouiller devant la scène à tout moment. Le concert prit fin. Et pendant que les musiciens (pas très loquaces) rangeaient leur matériel et que les 9 spectateurs remontaient de la cave pour se diriger vers le comptoir, mon ami me remarque:
"Noon ! t'es venu !", les bras en croix, il me fait signe de l'étreindre. N'arrivant plus à distinguer la couleur d'origine de son tee shirt j'hésite. Finalement c'est lui qui me prend dans ses bras. Fidèle à lui même, extravertis avec ses connaissances et sans doute heureux de voir un visage familier, il me fait un grand sourire et lève son pouce vers le haut.
Le groupe qui suit c'est Doyle. C'est un grand fan. C'est lui qui les a fait venir à Besançon et il n'en peut plus d'attendre.
"T'as vu!? Ils sont là! aaaaah!"
Je lui demande:
"C'est du métal?"
"T'es fou! C'est du sludge post-hard-core screamo !"
Avant que le quintet parisien ne monte sur scène, je lui fais alors part de ma recherche sur les "belles chansons joyeuses". Il me parle des Beach Boys, mais je précise que je cherche quelque chose de plus moderne.
"Tu devrais voir du côté du Twee Pop !" me conseille-t-il.
Je garde alors son conseil en tête "la Twee Pop?"... mais qu'est ce donc ?...
Une heure plus tard, le très bon concert de Doyle se termine. Les membres du groupe vont faire l'after chez une amie. La moitié du public (4 personnes donc) vont également chez elle.
Je me retrouve seul. Mais, cette nuit était loin d'être finie. J'allais alors passer les futures heures ballotté de bars en bars, de salles de concerts en salles de concerts pour finalement m'échouer dans l'appartement d'un ami.
Au milieu de la nuit, me retrouvant à la porte d'entrée de ma copine à envoyer des cailloux à sa fenêtre, je compris qu'il fallait que je rentre.
Vers 6h sur le chemin du retour, clopinant sur la longue rue perpendiculaire à la place où se trouve mon appartement, je remarquai que le ciel commençait déjà à s’éclaircir. "merde", le lendemain je commençais une journée de stage à l'Est républicain.
Ce fut un jour très long. Périlleux même. Notamment la laborieuse prise de notes lors d'une 'interview" d'un couturier... Mais passons, passons...
La journée se termine, je rentre enfin chez moi. L’œil dans le vague et l'esprit dans le brouillard le plus total. Mais avant de m’effondrer, je me mis devant mon écran. Je compris au bout de 5 minutes qu'il fallait d'abord que je l'allume pour pouvoir l'utiliser. Je tapai ensuite les petits mots "twee pop" dans le moteur de recherche. Wikipédia me dit alors que ça correspond à un sous genre du rock alternatif. Ah. "ben tient, ils mettent Belle and Sebastian dedans..."
Voila, effectivement un style susceptible de répondre aux caractéristiques que je recherche.
Les yeux rouges, je regarde les dernières sorties CD dans le twee pop.
Google me transmet les dernières sorties du label Fortuna Pop!. Apparemment fer de lance dans ce domaine musicale.
Fortuna Pop! a fait émerger plusieurs formations des méandres de l'anonymat pour leur donner un rôle principal sur la scène pop européenne. Dans ce tas de groupe on trouve notamment Fanfarlo ou , dans un autre style, The Pains Of Being Pure At Heart.
De plus ce label a produit le groupe Milky Wimpshake, connu comme un symbole du groupe indie par excellence en Angleterre. Leur dernier cd My Funny Social Crime paru en 2011 est à la fois punk et pop. Les morceaux "Fuck the Rule", "Cherry Pop" et "Alice Nebulae" sont juste trop cool, et vraiment, c'est le mot.
Mais si la renommé de Fortuna Pop! a d'un seul coup grandi ce dernier mois c'est grâce au dernier cd de Allo Darlin'.
Chose peu rare dans la "pop sautillante et joyeuse" c'est une femme qui sert de leader à ce groupe anglais. Bon, ça peut aussi être un type mais avec les attributs masculins en moins (la moustache et les ******** donc), et là pour la troisième fois depuis le début de ce texte on va citer Belle And Sebastian et son chanteur Murdoch dont j’attends toujours la preuve de sa masculinité.
Mais revenons à Allo Darlin' et à sa chanteuse Elizabeth Morris.
Leur dernier Cd se nomme Europe. La pochette est un patchwork de bleu clair et de jaune pâle. Des éoliennes forment un cercle en son centre. Elles sont en mouvement, le vent souffle dans tous les sens. C'est un bel objet.
En fait, cette pochette c'est comme un préambule. Le paysage doux et calme s'accorde avec la légèreté des grandes palmes de ces machines à vents géantes vrombissant de concert dans ce paysage apaisant.
C'est donc épuisé et les yeux rivés sur mon écran que je lançais pour la première fois la lecture d'Europe. A cet époque j'écoutais beaucoup d'hardcore scandinave d'Opeth à Iceage en passant par Children Of Bodom. Cela faisait longtemps que ma chambre n'avait pas entendu du rock léger. Tout Juste encore résonnait l'écho du gentil et mélancolique Konstantin Gropper et de Samuel Beam. Alors lorsque les premiers accords d'une guitare sans effets ni révérbes se font entendre sur le titre d'ouverture "Armstrong". Et qu'arrive la sobriété d'une formation classique qui se mêle à la mélodie mené par la voix claire de Morris, on se sent bien, je vous promet, on se sent bien. C'est comme une bouffée d'oxygène dans une mer de pétrole. On nage dans de l'eau pure, on redécouvre le plaisir des choses simples. Les 4 guitares et la production taille blockbuster de Damnation est très loin derrière. Comme un simple cris du cœur vital que Morris reprend plusieurs fois "And I'm tired to feeling confused" et enfin la simplicité des choses nous reviens... et c'est un soulagement.
Sur les deux premiers morceaux que j'ai plusieurs fois écouté en boucle avant d'aller plus loin, il m'a semblé déceler les mêmes motifs d'ambiances que sur le dernier album de Lightships du nom d'Electric Cables. Mené par Gerard Love déjà leader du fameux Teenage Fanclub.
Lightships à défaut d'être novateur ou grandiose est gentil. C'est même le groupe le plus gentil au monde. Sur Electric Cables, Gerard Love exploite et enrichi tout le champ lexical de la nature. Des Arcs en ciel aux licornes en passant par la photosynthèse, Lightships cite dame nature sur chaque accords. Toujours accompagné d'une guitare solo aussi chaude que ronde, la voix basse et tranquille de Love enchaîne de douces mélodies avec des paroles niaises, mais juste trop mignonnes. Bref, du premier titre "Two Lines" au morceau conclusif "Sunlight To The Dawn" ce disque sent le joint à travers même la chaîne Hi-fi.
Là se trouve donc une facette commune à Lightships et Allo Darling. L'innocence. Dans le son et les paroles.

Petite parenthèse géographique.
Coïncidence. Je viens de mater un doc sur l'Australie et Morris est australienne. Ma vie est folle et trépidante.
Ce documentaire montrait l'Australie comme un tas de sable ardent remplis des bestioles les plus dangereuses au monde. Des araignées avec des barres de mana, des serpents longs comme l'A71 et des requins comme s'ils en pleuvaient. De plus ce pays s'est construit sur le massacre d'un million d'aborigène et connaît désormais une fracture sociale à faire pâlir de jalousie les Etats Unis. Pour se consoler, nos amis australiens peuvent se dire qu'ils possèdent le plus gros cailloux au monde et un nombre record de surfeur au kilomètre carré. Yeah ! Go Aussies !.
Parenthèse géographique refermée.

Après avoir écouté « Armstrong » et « Capricornia » en boucle, je me suis rendu compte qu'on était devant deux tubes en puissances. On est pas loin d'un Crooked Rain crooked rain, Stephen Malkums en moins. Ou Elizabeth Morris en plus. Je ne sais pas.
Car oui, Europe est un cd de folk certes, mais avec des influences clairement du côté du Lo-fi. Et ça c'est pas vraiment commun. Ici, on retrouve donc une guitare solo comme libéré de toutes contraintes qui s'amuse à tourner autour d'un thème sans jamais faire l'erreur de s'y collé. Le travail sur les lignes de guitare est très bon et permet à Allo Darling de rentrer dans une plus grande dimension.
C'est la deuxième facette d'Europe: la beauté simple de l'innocence enrichi par la classe des arrangements.
Muse (ouai, j'aime taper Muse, c'est facile et ça ne fait de mal à personne), par exemple, Sur Unintended balance le piano et les roucoulades à ne plus savoir quoi en faire. Ça y est, il parle d'amour ! La production est lourdingue. C'est moche et grotesque. Allo Darling montre que des sujets simples peuvent être traités de manière complexe sans donner la gerbe !

-Europe
« ...I just wanna be closer to you/ there is nothing else we need to proof...»
Le titre éponyme. Je n'ai jamais autant chanter que sur ce titre. Surtout en voiture. Le « … This is life!/ This is living!... » surtout. Vous imaginez? Que c'est cool de chanter à tue tête des paroles comme ça. Un peu façon générique de série « That seventies show ». Le bonheur des choses simples! On y revient!
En plus ces beaux et longs couplets sont toujours servis par des ponts de guitares aussi enivrant qu'un verre de Cointreau – sucré, orangé, juste ce qu'il faut. On s'enivre de ces choses que nous donne Allo Darlin'
-Some People Say
« The way she is dancing on the stage it is so awesome »
Je n'ai jamais vue la tête d'Elizabeth Morris Mais je crois que je suis entrain de tomber amoureux (encore). Au quatrième titre de l'album.
C'est marrant, j'avais déjà ressenti ça pour Le prince Miiaou. C'était avec safety first mais cette fois ci au bout du septième morceau « No Compassion available ». Un grand titre où à plusieurs reprise elle exhorte « Je veux que tu rentres... je veux que tu rentres... je veux que tu rentres... ». Sur scène, c'est désarment. On a juste envie de répondre «  j'arrive... j'arrive... j'arrive »
Elle vit ses paroles jusqu'à l'épuisement totale des choses aussi fortes, on exulte. Le titre No Compassion Available fait d'ailleurs partis de mes meilleurs souvenirs scéniques.
-Wonderland et Tallulah
« Oohh »
Là j'arrive à la voix. Morris est une très bonne chanteuse. Sa voix est belle. Grave mais fragile, mélancolique mais pleine d'espoir !
«  I sent you a postcard from berlin of a fat man eating a saussage » Ces titres sont des berceuses.
D'habitude, j'aime pas quand c'est une femme qui chante. A part quand c'est Beth Gibbons ou kazu Makino ou Maud Elisa Mandeau ou Joanna Newsom... Ouai, en fait c'est juste que je préfère les voix masculines.
Bref, Tallulah est un très bon morceau. Il aurait fait un excellent titre d'introduction. Un ukulélé/voix de plus de quatre minutes. Paradoxalement tout le caractère d'Europe est là. C'est le morceau le moins riche mais c'est celui qui montre le plus. La voix, la mélodie, la légèreté. Tallulah est un manuel d'introduction à Allo Darlin'.
-Still Young
En fin d'album se trouve le point d'orgue de l'album. Le morceau charpente. Et cela à plusieurs titres. Sa longueurs, c'est le plus long: 4:50 et sa construction: couplets/refrain et final.
Tous les éléments classique d'un morceau conclusifs sont présents. C'est la seule fois par exemple qu'il y a un final en crescendo. Still Young c'est aussi une grosse section rythmique auquel vient s'ajouter la deuxième guitare. Percutant.
Et bien sur il y a cette petite baisse d'intensité sonore en forme de sourire en coin juste avant le feu d'artifice final. « Let's bring it Back! » C'est un beau final! Typiquement le style de morceau à paraître dans un classement de fin d'année. Si Tallulah est le manuel d'introduction d'Europe, Still Young est dans le chapitre des immanquables.

La production, comme vous pouvez vous en douter, est extrêmement sobre. Le studio n'amène quasiment rien. J'ai visionné un paquet de live d'Allo Darlin'. Ils n'ont pas un son cd et un son live. En studio, des petits violons sont parfois là pour accompagner les guitares sur les fins de morceaux. Toujours discrets, ces cordes en plus sont justes là pour sublimer les thèmes de chaque morceau. Le plus bel exemple, c'est le morceau « Some People Say » qui nous le donne avec son dernier couplet qui est sans doute le plus beau passage de l'album.

Plus tard dans la semaine je croise Léa à l'anniversaire d'une amie. Je lui parle (en agitant les bras) d'Allo Darlin'. Il hoche la tête mais ne m'écoute pas.
Je lui dit que pour une fois il a été de bon conseil avec son idée de twee pop. Là, il soulève un sourcil et me demande: « tu veux que je t'en donne d'autre?
- de quoi? Je lui demande.
- Ba des conseils
- euh... oui je suppose. »
Il me prend par le bras et m’emmène dans une sombre chambre isolée de la maison où nous nous trouvons. Il s'assoit tout joyeux et excité sur le lit en ouvrant son sac. À mon tour je lève un sourcil et lui demande ce qu'il fabrique. Il ne répond pas et fouille dans son sac pour enfin sortir son ordi portable. « mate le mac! » il me fit signe de s'approcher. Il me montre alors toute sa collection de cd numérisés de l'année 2012. Une liste interminable. « Je n'ai que des français. Ces groupes viennent de Reims, du Mans ou de Troyes. Je fais presque exprès de prendre les villes les plus pourraves de France et je vais creuser à partir des labels locaux. Je suis tombé sur des trésors cette année, je te jure, il y a des groupes de très grandes qualités entrain d'exploser en France. Tiens, tu connais Birds In Row? Voilà un exemple parmi tant d'autre! Un groupe monstrueux comme il y en a des centaines en France en ce moment! » il marque une pause et me demande : « c'est quoi tes prochains groupes à écouter ?
- Je pensais à Choir of Young Believer puis Beachwood Spark et finir le mois sur The Amazing je pense aussi...
- tu vois, dit il en me coupant, c'est ça le problème avec le rock indé. Tu te tapétifis mon lapin. Il faut explorer les méandres du hardcore français. Du rock au Punk en passant par le Glam. Dans ces domaines c'est la diversité qui l'emporte. Les groupes sont obligés de sortir des trucs originaux pour se démarquer. En France c'est la seule concurrence saine que je connaisse. Voilà donc mon conseille: Va chercher le groupe dont tu veux faire la critique par toi même. Va le chercher dans tous les sens du terme. N'attends pas la critique des directeurs de conscience de l'autre côté de l'atlantique. Ouai Pitchfork et Stereogum par exemple. »
Il fait défiler à nouveau sa liste de cd. Il regarde amoureusement, les yeux brillants, ses albums de métales. Les yeux rouges, je fixe ces centaines de groupes remplis de talents qui resteront inconnus encore longtemps.
Léa souffle en me faisant un rond à l'aide de son pouce et de son index « Oscar papa tango india mike alpha lima, optimal optimus, 2012 est un bon cru »
j'approuve, et avec force.

Europe est une réflexion sur la couleurs de l'herbe. Est elle plus verte ailleurs? C'est une simple invitation conceptuelle au voyage avec les titres « Neil Armstrong », « The Letter », « Capricornia » et bien sur le morceau éponyme « Europe » pour cette expatriée australienne. Sur ce continent où « elle ne ressent pas les choses de la même façon que chez elle ». Ce cd est l'histoire d'un déracinement mais aussi d'un nouveau départ pour Elizabeth Morris. Europe est un voyage à lui tout seul.
Il y a 5 pages de cela, je cherchais un beau morceau joyeux et optimiste. J'en ai trouvé 10.

Zanaviets   















jeudi 26 avril 2012

Cloud Nothing, Attack On Memory

Quelques disques de l'hiver 2012


Attack On Memory, Cloud Nothings, 2012
Carpark records

Comme l'an dernier, ce début d'année musicale est d'une grande richesse.
Il y a ceux qui étaient attendus comme Lambchop, tindersticks, Andrew Bird et Leonard Cohen et qui généralement furent à la hauteur de l'attente placée en eux. Puis il y a ceux que la France a découvert récemment. Par exemple Cloud Nothings, qui était réservé à un cercle de connaisseurs, est entrain de connaître un joli succès en France avec son Cd Attack On Memory.

Une jolie histoire: Dylan Baldi, le leader-fondateur de Cloud Nothings a composé ses premiers morceaux sur un ordi dans la maison de ses parents dans la grande ville de Cleveland. A ce moment là, Baldi a 18ans et il commence des études dans un "college" réputé de l'Ohio. Quelques mois plus tard, il abandonne ses cours et fait la première partie de The Real Estate à Brooklyn.

Le moi de janvier a commencé avec le meilleur cd du siècle du mois. Attack On Memory de Cloud Nothings.
C'est fou le bien que procure le rock brut lorsqu'il est mené par un type d'à peine vingt piges. écoutez "wasted days". Voila un morceau parfait pour comprendre en quoi Attack On Memory est un cd juvénile et puissant. L'intro est absolument foudroyante. Ce riff de guitare transcendant doublé d'une section rythmique aussi compacte que du métal met directement les choses au point: ce n'est pas un cd de valse.
Arrive la voix éraillée de Baldi qui tire sur celle de Julian Casablancas et puis, il y a ce break en milieu de morceau et ce crescendo avec une guitare à la Peter Buck qui nous emmène à la sixième minute dans un tonnerre électrique, bruitiste et jouissif. Baldi utilise alors les cordes vocales qui lui reste pour parfaire cette tempête qu'est "Wasted Days" pour un final grandiose à la Do Make Say Think: une apocalypse organisée.

Notons aussi cette petite phrase qu'éructe Baldi à la fin du morceau d'ouverture "... No future!!! No Past!!!..."

Avec "Separation" et "No Sentiment" Cloud Nothings est l'avalanche électrique dans laquelle il faut se faire happer


mercredi 29 février 2012

Blabla hiver 2010-2011


Symphonie de Blabla hiver 2010/2011
Petit article décalé d'une grande année

L'actualité musicale fut intense ces derniers mois. Récemment nous avons assisté aux sorties des CDs de groupe tel que Radiohead ou de The Strokes, mais également à la « mort » de LCD Soundsystem et plus localement à celle de Noir Désir.
Toujours dans l'ombre des grandes multinationales, les groupes indépendants se font une place avec l'aide d'un public en continuel agrandissement. Ainsi le groupe écossais Mogwaï fut même diffusé à la radio tandis que le noise rock des Pains Of Being Pure at Heart a réussi à paraître dans plusieurs magazines culturels en France.

Il y a plusieurs façons de penser à la musique en général. Parfois lorsque l'on s'assoit pour faire une liste, on pense aux chansons qui semblent importantes - peut être ont-elles changé la musique ou furent emblématiques d'une culture alors en rigueur. Puis on pense aux morceaux qui nous font nous sentir bien quelque soit le moment où ils arrivent. On entend les premières notes, on se rappelle de tout ce que cette chanson a fait pour nous, l'enthousiasme grandit, on veut chanter le long du morceau- eh! Ils arrivent déjà au refrain...

Pourtant, cette courte période avait mal commencé....
Souvenez-vous... fin novembre, Noir Désir disparaissait. À L'inverse de LCD Soundsystem qui s'est offert un show de trois heures au Madison Square Garden pour dire adieu à la scène, Noir Désir a publié un communiqué de trois lignes annonçant la mort du héraut du rock français.
Un monstre sacré de la musique vient de s'éteindre.
Le mardi 30 novembre 2010, le plus grand groupe français de tous les temps a rendu les armes. Le groupe vient d'éclater. Quel choc...quel vide tout un coup.
Je m'en rappelle, j'avais douze ans lorsque j'ai entendu pour la première fois un morceau de Noir Désir, « le vent l'emportera ». Ma sœur venait de m'offrir Des visages des figures, elle avait alors déclenché en moi une passion, la musique. Dès les premières notes de Des visages des figures, la basse enjôleuse de « l'enfant Roi », les vers lancés par Bertrand Cantat, j'étais tombé amoureux.
Leur manège m'enchantait.
Par la suite, je découvris leur entière discographie. De Où veux-tu que je regarde à Nous n'avons fait que fuir en passant par Veuillez rendre l'âme et Du ciment sous les plaines. J'allais de chefs d'œuvre en chefs d'œuvre.
Et jamais depuis le jour où j'ai découvert Noir Désir ne passe une journée sans que je n'écoute un de leurs morceaux. Ils sont rentrés dans ma vie et ils en ont pris part. Quoiqu'il arrive je suis toujours accompagné, chacun de leur texte s'accordant à un moment vécu.
Du Grunge avec Tostaky en 1992, du rock pur et dur en 1996 avec 666.667 club et un CD accomplie et merveilleusement produit en 2001 Des visages, des figures. Tout! Ils ont tout fait! Mais quel autre groupe en France à une aussi large palette de style? Un groupe, a t-il un jour égalé les vers emplis de romantisme de Noir Désir? Cette rage musicale et cette douceur d'écriture?
Je ne veux même pas rappeler leurs différentes victoires de la musique, le groupe lui-même n'en faisait que peu de cas, je préfère rappeler leur prise de position durant cette même cérémonie lors de laquelle, dans une lettre adressée directement au « camarade PDG » Jean Marie Messier, ils critiquaient d'une si belle manière la mondialisation capitaliste avec notamment cette phrase (Jean Luc Delarue s'en rappelle encore) : « Nous ne sommes pas dupes de ton manège, et si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n'est décidément pas du même monde »
Ils posaient un regard critique sur le monde qui les entourait. Un don de l'écriture, une prose magnifique.

Un CD en particulier, Tostaky (en 92), a marqué au fer blanc la musique française. Jamais du rock n'avait été aussi fort. Un grunge (« here it comes slowly ») made in France voit le jour.
Magnifique, engagé, puissant. Il réinvente le noise rock (« one trip, one noise ») et surtout, d'un riff d'un seul, Noir Désir va devenir la figure de proue de la musique française: Tostaky(le continent), « Tout est ici », en est la traduction littéralle. 5 minutes jamais égalées. Furieux constat, suivi d'un solo de guitare légendaire, ces breaks fabuleux qui précédaient les refrains et ces éclairs de génie lors de la strophe finale « Ils disent qu'ils ont compris/Qu'il n'y a plus le choix/Que l'esprit qui souffle/Guidera leurs pas »

Quel autre groupe a réussi à mêler le romantisme de Gérard De Nerval, les spleens adolescents des Beatles mais aussi l'engagement de l'écriture de Brassens et Léo Ferré?
Un monument de France vient de s'écrouler.

Bon il n'y a pas eu que des « morts » ces derniers mois.
Certains groupes ont confirmé qu'ils étaient bien vivants et plus en forme que jamais.
Commençons par ce groupe canadien, Destroyer. Comme le nom ne le laisse pas du tout deviner, il s'agit d'un groupe de « Lite Jazz » (et non de métal), c'est à dire une sorte de folk avec des rythmes binaires qui font plus penser à un semblant d'hyperdub qu'à une quelconque rythmique jazz.
Dan Bejar, qui est aussi le leader des New Pornographers, est cette fois-ci accompagné de quelques cuivres et d'une bonne dizaine de musiciens.
L'arrivée en masse des cuivres dans la musique de Destroyer est une chose assez nouvelle. Jamais dans leurs précédents CDs comme Streethawk ou Trouble In Dream, Destroyer n'avait autant usé du saxophone, du cornet ou même de la trompette. Sur Kaputt, l'apport subtil de ces instruments qui sont d'habitude mis en valeur dans des solos interminables ont ici le rôle plus modeste (mais noble) d'appuyer des lignes mélodiques franchement classes. Le titre « Suicide Demo For Kara Walke » ou le morceau éponyme illustre l'apport très intéressant de ces instruments à vent.
Daniel Bejar
En plus de ces morceaux complexes viennent s'ajouter des titres beaucoup plus pop aux mélodies prenantes comme « Chinatown » : morceau plaisant, véritable « tube » de trois minutes. Mis à part « Chinatown », les amateurs du couplet-refrain vont être déçu avec Kaputt.
Dan Bejar, comme il avait déjà commencé sur leur précédent CD Trouble In Dream, parle plus qu'il ne chante. Parfois il mélange les deux comme sur le morceau « Song For America », titre qui fait également partie des nombreux points forts de Kaputt.
Kaputt se termine sur le morceau le plus bizarre de ce début d'année: « Bay of Pings ». Enchevêtrement sur onze minutes d'éléctro, d'étranges boites à rythmes et du chant encore plus éraillé que d'habitude de Dan Bejar. D'abord inaccessible, à force d'écoutes multiples, ce morceau dévoile petit à petit des trésors cachés et des moments vraiment plaisants.
Un bon CD en somme.

De l'autre côté de l'Atlantique (le nôtre en fait), Mogwaï, un groupe de post rock écossais, sortait leur septième CD : Hardcore Will Never Die, But You Will.
Eh beh ! On peut pas dire qu'ils se soient renouvelés. C'est malheureusement le genre de groupe qui après avoir publié un magnifique premier CD (Mogwaï young Team), cherche continuellement à l'égaler sans jamais réussir. Déjà sur le CD précédent, The Hawk Is Howling, quelques longueurs lassantes étaient présentes, et certains morceaux étaient franchement pénibles (« Kings Meadow » sérieux, c'est quoi ça?! )
Il ne faut pas être totalement mauvaise langue non plus!
Deux, trois changements sont présents sur Hardcore...
D'abord l'apparition d'une voix, chose rare pour Mogwaï qui est à la base uniquement instrumental.
Sur « George Square Thatcher Death Party », une voix est présente, certes modifiée et « vocodée » comme c'est pas possible, mais l'arrivée de ces voix et cœurs apportent un souffle nouveau par rapport aux albums précédents. De plus, Hardcore est trois fois plus accessible que ses prédécesseurs. Le son de Mogwaï s'est arrondi dans ce sens.
Guitares vrombissantes et nappes éléctro toujours aussi compactes, certains morceaux dotés d'un souffle héroïque comme « How To Be A Werewolf » ou « Mexican Grand Prix » attire naturellement l'oreille.
Mieux que The Hawk Is Howling, mais tellement loin de Young Team, Hardcore Will Never Die But You Will ne marquera pas l'histoire de la musique.

Ok, Destroyer et Mogwaï ne sont pas des groupes très connus. Mais le mois de Février et de Mars m'ont rendu un fier service à ce sujet. C'est-à-dire : faire paraître un CD de Radiohead et des Strokes.

Le premier The Kings Of Limb, est sorti de nulle part au milieu de février. Radiohead, groupe friand du très saint « buzz » annonça un lundi, que leur huitième album sortirait dans cinq jours. Ainsi ils prenaient de court tout le petit monde de la musique. Petit jeu devenu leur favori depuis la sortie également spéciale de leur septième CD, In Rainbow.
The Kingd Of Limbs se distingue par une production à couper le souffle et une... euh une... ah, non c'est tout en fait.
Voilà ce que l'on pourrait appeler le syndrome Satriani ou Massive Attack. Une production parfaite et une technique ébouriffante, mais pas, ne serait-ce que quelques instants, la lueur d'une émotion. Autrefois Radiohead nous faisait pleurer avec des morceaux comme « Exit Music » ou « Lucky », plus récemment des titres de In Rainbow apportaient également leurs lots d'émotion, notamment avec « All I Need » et « Reckoner ». Mais là, mis à part « Give Up The Ghost » et peut être « Separator », The King Of Limb est vide de sentiments. Et pour un groupe du calibre de Radiohead, cela pourrait être qualifié d'embêtant...
Il faut absolument voir le clip de "Lotus Flower", il est juste hilarant et les remixes du clip sont tout simplement magiques (notamment celui là http://www.youtube.com/watch?v=Ml8RkVu7N1A&feature=fvst)

Dans le club des groupes à dix milles seeds par jour, The Strokes a également sorti son cd : Angles... éléctro Pop à souhait, dans la veine du CD solo de Julian Casablancas Phrazes for the Young. Au feu l'esprit rock garage de leur premier CD Is This It. A l'image des titres « Games » et « Life Is Easy In The Moonlight » remplis de synthés franchement douteux.
Se renouveler est une bonne chose. Mais sauter dans l'inconnu n'est pas non plus une bonne idée. Ils donnent (sans doute à tord) l'impression d'avoir découvert des claviers et de s'amuser comme des gosses avec. Puis sérieux, la musique (comme la pochette) est vraiment kitsch. Écoutez l'intro de « Two Kinds Of Happiness ». On pourrait croire à un vieux soundsystem des Bee Gees. En fait ce n'est pas kitsch, c'est moche. Impossible de rentrer dedans. Après avoir écouté Angles en boucle (je suis un grand fan des Strokes) impossible d'éprouver de la sympathie pour le petit (35 minutes -argh-!) dernier des Strokes.
Le tableau n'est pas totalement noir.
Deux rescapés méritent d'être cités. D'abord le titre d'ouverture « Machu Picchu ». Morceau riche dans lequel Julian Casablancas nous régale de sa voix hors norme, le succès de ce titre doit aussi beaucoup à Albert Hammond Jr, LE grateux du groupe ; qui enchaîne lignes de guitare et riffs efficaces.
Puis il y a ce morceau, sans doute le meilleur du CD : « Taken For A Fool ». Sur ce titre The Strokes se libère des conventions et des règles. Sur le couplet la voix de Casablancas fait méchamment penser à celle d'Annie Lennox pour le meilleur des effets. Puis quelques breaks plus tard et un post-refrain vraiment superbe, le second couplet déboule et subit une agréable variation montrant la richesse et le talent d'un groupe sans doute loin d'être mort.

 Il y a aussi eu de bons Cds, ces derniers temps, rien d'exceptionnel cependant. Sans doute que la palme reviendrait au troisième CD d'Alamo Race Track, groupe Hollandais (sans rire) qui répond au joli nom de Unicorn Loves Deer. De qualité égale à ses prédécesseurs, Unicorn... se démarque en plus par des arrangements plus riches, et des morceaux moins faciles. Moins « tubesque » que Birds At Home et Black Cat John Brown, Unicorn Loves Deer prouve qu'une musique complexe peut être aussi efficace qu'un empilement de morceaux au format classique.
Gros coup de cœur pour le morceau éponyme et le titre « Shakes Off The Leaves » qui rassemble la folie des débuts et la maturité musicale d'un groupe rompu à l'exercice.

Islands, A Sleep And A Forgetting

A Sleep and a Forgetting, Islands, 2012
ANTI-

Il y a eu plusieurs séismes en Amérique du nord en 2003.
Mais pour une fois, ce ne sont pas les Etats Unis qui ont servi de théâtre aux épicentres de ces tremblements de terre. Déjà, début janvier, il était annoncé que le "super méga groupe indépendant de l'année" allait être canadien. Ils ont un nom d'animal, ils ont l'air un peu fou et en plus ils font du lo-fi.
Bingo.
Ils s'appellent the Unicorns et leur Cd "who will cut our hair when we're gone" va tout casser. Et c'est exactement ce qui va arriver. Le succès était programmé. Critiques élogieuses (le 8.9 de pitchfork) et influence étonnamment importante à leur concert. The Unicorns enchaînent la même année une tournée mondiale... un début de carrière parfait en somme.
Mais, un canadien en cache un autre.
Nick "Diamond" Thorburn
Un collectif, plus qu'un groupe, du nom de Broken Social Scene qui était pour le coup absolument anonyme et pas attendu par qui que ce soit à plus de 100 mètres de certains quartiers de Montréal sort fin 2003 un grand disque de musique moderne: "You forgot it In people": Magnifique brouhaha, capharnaüm grandiose et morceaux plus héroïques les uns que les autres. "You Forgot It In People" pourrait aisément être la bande son des douze travaux d'hercules. Le souffle épique mené en grande partie par de l'instrumental (60% de l'album) nous amène du premier morceau "capture the flag" à la conclusion "Pitter Patter Goes My Heart" en surtension et le coeur à 100 à l'heure. Avec quatre guitares à la Titus Andronicus, les titres "cause = time" ou "lover's spit" font office de tornades au milieu de la tempête que provoquera les 12 titres de "You Forgot it in People".
A noter que c'est le collectif Broken Social Scene qui fera émerger Feist au niveau de la scène internationale.
Les excentriques de the Unicorns avaient choisi un petit groupe pour faire leur première partie qui venait de sortir un petit ep: Arcade Fire.
La chose est comique quand on sait la tournure que vont prendre les choses. Sur 100 personnes, 75 connaissent Arcade Fire, 5 connaissent the Unicorns. (D’après un sondage TNS Sofres).
La même année, l'aventure des Unicorns prendra fin brutalement sur scène. Le leader, Nick Diamonds (que Dieu le bénisse) quitte la scène, insulte une dernière fois ses deux compagnons et déclare ne plus supporter son train de vie. Ainsi the Unicorns meurt au sommet de leur fulgurante carrière. Diamonds prend des vacances et plus aucun son n'émanera de son pied à terre en Californie pendant plus de trois ans.
Entre temps, le Canada ne l'a pas attendu pour s'inviter au rang de pôle majeur et plaque tournante de la musique en général. Que ce soit avec Dan Bejar avec l'explosion de The New Pornographers ou de Destroyers ou même avec l'arrivée fracassante en 2004 de Funeral d'Arcade Fire. Il y a également le départ prometteur-menteur de Patrick Watson avec Channel 9 et plus tard les francophones de Karkwa qui se faisaient connaître avec leur second album, Les Tremblements s'immobilisent. N'empêche, Karkwa sont les derniers français depuis Charlebois à faire paraître leur "Tounes" dans le top 50 canadien (avec "le pyromane" il me semble...)
Bref, c'est donc oublié du grand public mais attendu des critiques que Nick Diamonds revient avec son nouveau groupe accompagné de son ancien batteur (ex unicorns) J'aime Tombeur (c'est son nom) sous le nom d'Islands.
En 2006, leur premier cd s'appelle "Return To The Sea" avec à la guitare et à la production Will Butler (le frère de Win) et déjà Islands s'inscrit comme la juste évolution des Unicorns: Toujours peu accessible mais contenant pour une fois des motifs de grande beauté. L'attente construite pour arriver à l'accord juste qui frappe et accroche. De doux moments (Swans) et d'irrésistibles balades (Don't Call me Whitney, Bobby et Bucky Little Wing).
Il y a presque six ans, j'entendais pour la première fois "Return To The Sea" et sa superbe ouverture. J'étais en vacances, en juin 2006, chez mon frère alors au chômage, je revenais de la claustro Martinique pour retrouver les espaces des Alpes. Et c'est sur une longue et lente sinueuse route de montagne que mon frère avait glissé le fameux "Life After Death". A cette époque alors, Islands était pour moi un groupe qui prenait le temps d'être décalé. Où la basse syncopé couplé avec le riff heureux et léger étaient en symbiose avec le balancement des routes. Pour mon frère, c'était le reflet de son "dépit d'avoir du temps de libre" et pour moi les vertigineux presque 100 jours de vacances qui m'attendaient: joyeux, mais pas beaucoup plus.
Plus tard en 2008 Islands sort leur deuxième cd, Arm's Way. En France il fut accueilli avec un certain succès. Je suis prêt à parier que ce succès français est largement dû à Deezer. A la rentrée 2008, Deezer est en plein boum: son interface vient d'être refaite et son nombre d'adhérents se multiplie de jour en jour. C'est à ce moment-là que la plateforme musicale avait choisi de mettre en page d'accueil le second cd d'Islands durant presque deux semaines. Paradoxalement, Arm's Way n'est pas le meilleur album du groupe canadien. Trop symphonique, trop pompeux, trop de violons dans tous les sens. Il y a toujours ces mélodies classes (The Arms, Kids Don't Know Shits) mais sérieux ça devient carrément nimp' au bout de la première minute. D'ailleurs, ça a un effet presque comique à la longue.
Un an plus tard, ils commettaient leur pire forfait, ovni en France, "Vapours" est passé inaperçu et pour cause. A partir de la 10ème seconde du second titre No You don't on comprend que Nick Diamonds a totalement craqué. Electro moche, sons ringards et le vocodeur sur Heartbeats sont autant de choses qui font de Vapours une erreur avant tout autre chose.
Accueil des critiques en forme de grand écart. Islands après un départ en or, continue à tracer sa route dans le monde indépendant sans plus d'éclat, le génie les ayant délaissé. Vivant comme n'importe quel groupe malgré le prestigieux passé des Unicorns, est désormais très très loin derrière eux.



Avec A Sleep And a Forgetting, Islands devient un drôle de mutant : il y a du Tindersticks la dedans. Le Tindersticks de la fin des années 90 avec « Curtains » et « Waiting For The Moon ». Il y a cette même orchestration riche et classe où la finesse et l'assemblage des pistes sont une marque de fabrique. Là où Arm's way devenait vite trop gras, A Sleep s'affine avec richesse. Le morceau d'ouverture « In A Dream » illustre cette volonté d'être sobre et complexe à la fois. Deux guitares, quelques violons, une section rythmique, des claviers mais Islands reste calme. Tout s’enchaîne avec subtilité, chaque morceau devient un océan de sons ultra épurés. De plus Nick Diamonds a peut-être enfin trouvé la bonne voie. Il arrête de passer d'une octave à une autre sans arrêt. C'est désormais dans les tons les plus graves que ça voix évolue le mieux... c'est plutôt agréable après l'Auto Tune de Vapours et les glapissements de Arm's Way ! Le chant de Diamonds sur « Lonely Love » est magique.
Il y a également du regret dans ce cd. Chose habituelle, Diamonds s'inspire d’événements récents de sa vie pour écrire ce cd on parle beaucoup de sentiments impossibles à montrer, d'actes manqués et de larmes qui ne viennent jamais. Islands rajoute à ses crises existentielles quelques moments de grâces irrésistibles (comme le poignant « This Is Not A Song », qui vous mettra forcement à genoux) et vous obtenez la recette de A Sleep and a Forgetting : des textes graves et bizarrement sérieux pour Islands.
Du dépouillement élégant du plus beau titre de l'album « Oh Maria » au riche « Never Go Solo » en passant par l'étrange rythmique du très classe morceau de clôture « Same Thing » Islands se hisse au niveau de ces groupes classes qui savent placer des multitudes de pistes dans des grands environnements sobres. J'aime cette fine obscurité dans laquelle nous sommes forcés de plonger avec joie. Et ce qui est fou, c'est qu'on y retourne à chaque fois. L'unité de l'album nous engloutit sous sa masse et nous empêche de trop bouger et lorsqu'enfin on se dégage, « Hallways » reste gravé dans notre gorge. Impossible de se défaire tant les 11 titres sont justes bons et prenants. En plus son format frôle la perfection : 37 minutes pour 11 morceaux, ça c'est très bon.
Le seul petit point noir de l'album c'est le titre « Cold Again ». On ne sait pas trop ce qu'il fait là. Il casse l'univers et l'élan mélancolique au milieu des titres « Lonely Love », « Oh Maria » et « Don't I Love You ». Comme un anachronisme. Je ne remets pas en cause la qualité du morceau, mais plus son insertion et peut être même son intérêt. Mais ce n'est qu'une poussière dans les beaux motifs dessinés par Islands sur tout le reste de l'album.
Et devinez quoi... Islands est accessible ! Nick Diamonds a tout fait pour qu'on trébuche sur A Sleep And a Forgetting et ça ne m'embête pas de tomber pour Islands. Je suis même à genoux.


mercredi 8 février 2012

Arcade Fire, The Suburbs

The Suburbs, Arcade Fire, 2010
Merge


Arcade Fire sort son troisième CD : The Suburbs (la banlieue). Après avoir réalisé avec succès leur deuil en 2005 avec leur album Funeral, et pleuré sur toutes les misères du monde sur Neon Bible paru en 2007, arrive maintenant ce CD de 16 titres (!!!).
Cette fois-ci Win et Will Butler se lamentent sur leur enfance passée dans une banlieue de Houston. De zéro à douze ans, les joies et les peines des frères Butler sont racontées pendant plus d’une heure et dix minutes sur cet album concept. Oui, car The Suburbs est un CD concept tout comme Funeral et Neon Bible et il est vrai qu’une nouvelle fois ce disque d’Arcade Fire possède une véritable unité, une logique. Sans jamais tomber dans la répétition, tous les morceaux se suivent sans aucun temps mort, toujours relié soit par une boucle électro, soit par un pont (qui d’ailleurs tombe parfois comme un cheveu sur la soupe, par exemple la transition entre les deux chansons Empty Room et City With no Children) mais qui peut être parfois assez génial (entre The suburbs et Ready to Start).
De plus, l’album est construit de manière à respecter la chronologie du temps, ainsi, en début d’album, on peut entendre Win Butler nous conter sa petite enfance sur des morceaux tels que The Suburbs et Ready To Start pour enfin nous parler de ses derniers moments en ces banlieues de Houston avec les deux derniers morceaux qui achèvent cet album : Sprawl 1 et 2.
Live d'arcade fire dans un ascenseur, à voir sur le site de la blogothèque
Ici, ne cherchez pas, il n’y a pas d’hymnes ni de morceau mythique comme il y avait dans Funeral avec les titres Neighbourough, Wake Up ou encore Rebellion. Vous trouverez « seulement » des morceaux de grande qualité, encore plus intimistes et moins abordables. Certes, les fans d’Arcade Fire seront ravis, mais les autres peuvent s’ennuyer quelques minutes pour finalement passer outre. Un CD long, sans aucun tube, aucun morceaux véritablement accrocheurs, mais ça, le couple leader d’Arcade Fire, Win Butler et Régine Chassagne s’en fichent royalement, pas plus intéressés par la succès commercial que par la future vente de ce Cd, ils feront à peu près tout pour se détacher de leur maison de production et paraître le plus « indépendant » possible. D’ailleurs, Win Butler a récemment déclaré dans un journal anglais : «  de toute façon, en ces temps troublés, l’industrie du disque va en chier, alors à quoi bon essayer d’en vendre ? » …/… « Cela peut être notre dernier disque, mais nous y avons mis le meilleur de nous-mêmes. The Suburbs est sans doute notre meilleur CD ».
Voilà qui est dit.
De toute façon, Arcade Fire n’est plus là pour faire ces preuves ou pour conquérir un public. S’il y a bien un groupe qui peut se permettre d’être de moins en moins accessible, c’est bien eux. Ainsi, The Suburbs est un excellent CD contenant plusieurs pépites comme Wasted Hours, The Sprawl(2), Deep Blue et srtout le morceau éponyme doté d’une ligne de piano extrêmement prenante au-dessus duquel vient se coller la voix de Win Butler, toujours belle et grave, qui atteint des sommets (jusqu’alors jamais entendu chez Arcade Fire). Propre et sérieux, Arcade Fire n’a pas faiblit pour passer l’étape du troisième album et devient même une valeur et une référence sûre du XXIe siècle dans le monde de la musique.                                          


Première parution dans le "pasteur déchaîné" novembre 2010

mercredi 1 février 2012

Shakira, Mitterrand, et les chevaliers des arts et des lettres



L'envie de faire un court poste fut soudaine lorsque j'ai entendu les infos ce matin.



La culture selon le ministre F. Mitterrand.


Bon déjà lorsque notre ministre avait supprimé Céline de la liste des célébrations nationales, quelque chose clochait.
Parfois, pour m'amuser, j'imaginais alors la tête de Fabrice Luchini entendant la nouvelle. Lui qui est un passionné de l'œuvre (oui, oui, de l'œuvre), qui en parlait avec passion sur les ondes de France Inter en nocturne entre 2h et 4h du matin, et enfin lui qui avait monté un spectacle se basant sur la récitation des textes de Céline.
Lui, il a dû faire 4 crises cardiaques lorsqu'il a entendu la nouvelle.


Ensuite, il y a eu Christophe Maé....
Oui, F. Mitterrand a fait de Christophe Maé Chevalier des Arts et des Lettres en 2011.


Alors ensuite la question s'impose: 
Est-ce que Mitterrand a des goûts musicaux qui dépassent l'humain ou est-il conseillé par de pauvres types?
À vous d'imaginer une scène: 
Celle de Malraux, qui, dans sa tombe, entend qu'un produit bidon et éphémère qui parle "mal la France" se voit décorer par un insigne qui est censé décorer "les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde".


Christophe Maé a apporté une contribution au rayonnement des arts et des lettre
"Comme une flèche qui nous illusionne, oh non faut pas" 


Et désormais, voilà que Shakira se voit être décorée Chevaliers des Arts et des Lettres aujourd'hui même.
Cette ambassadrice du bon gout et du féminisme a sans doute conquis Mitterrand avec sa voix. Ou son talent.
Enfin peu importe, elle a vendu un paquet de CDs et en plus elle « buzz » avec sa reprise pourrave de Cabrel "Je l'aime à mourir".
En plus, pour ceux qui ne savent pas, Cabrel avait déjà fait la version en espagnol. Oui, c'est une imposture.


Chevalier des arts et des lettres…
Enfin, vu désormais l'insignifiance de la chose, on peut même encore s'étonner qui la "donne" encore.
En effet, 200 personnes sont décorées tous les 6 mois de cette médaille.
Ainsi, pour le fun, je vais citer quelques "chevaliers" (véridique) :
-M.Solly, directeur général adjoint de TF1
-M.Schmit, Notaire (oui, notaire)
-M.Trique, titulaire des orgues de la cathédral de Laval (en fait, lui, je l'ai mis pour son nom)
-M. Aliagas, euh... 


Voilà maintenant ma liste que je vais envoyer aux spécialistes de la culture française :
- Mon voisin qui fait du piano tous les matins à 5h
- Mickael Vendetta
- un pigeon
- F. Mitterrand (la boucle est bouclée)
- Franky Vincent
- Doc Gynéco
- BHL







mercredi 25 janvier 2012

Muse, l'intégrale


MUSE

Oui la cible est facile. Mais sérieux, comment résister?

Pourquoi Muse est-il un groupe bidon?

Holà! En voila une question intarissable!
Si on doit énumérer toutes les raisons qui font de Muse le groupe le plus inutile, fade, grandiloquent et prétentieux du moment on n’est pas sorti de l'auberge!
Mais alors, pourquoi je gâche mon temps à parler de ce groupe?
Dans la vie, des choses, des évènements, des phénomènes inexpliqués se produisent. Parfois étranges, souvent incompréhensibles. Pourquoi les serpents existent-ils? Pourquoi Arthur fait-il des spectacles alors qu'il n'est pas drôle? Pourquoi Nguyen n'a t-il pas eu d'oscar pour son chef d'œuvre « Birdemic »? Mais une question encore plus dingue se pose....Pourquoi Muse a t-il du succès?
La preuve au sein même du lycée Pasteur où une bonne partie des maîtres des lieux est fan hystérique du trio anglais.
Plusieurs fois (tout le temps en fait) à la suite de la sortie d'un « Pasteur Déchainé » j'entends des « Il y connait rien ce type, c'est trop bien Muse! » ou des « Pourquoi s'acharne t-il sur Muse? Il n'a que ça à faire de sa vie? »
Je vais enfin répondre à vos questions!
Il faut savoir que Muse avait plutôt bien commencé, c'est vrai, il faut l'admettre...
Showbiz paru en 1999 n'était pas si terrible que ça...Le titre Fillip ainsi que le morceau éponyme pourraient même être qualifiés de potables.
Rien qu'avec leur tronche plus rien ne va
Le tube de l'album Unintended laissait malheureusement déjà prévoir les catastrophes à venir. Sur Unintended Matt Belamy étale toute la guimauve possible. Vas-y que je te balance des nappes électro bidons fabriquées grâce à Fruit Loop en 2sec et que dessus je pose ma voix sur laquelle mes ingés-son vont passer deux semaines en studio en lui mettant le plus d'effets possible. Même Jean Michel Jarre n'aurait pas osé commercialiser ça!
Mais bon ne soyons pas trop dur, ce n'est qu'un premier album...
Deux ans plus tard sortait Origin Of Symmetry. Avec ce CD Muse atteindra des pics de qualité qu'il n'atteindra plus jamais par la suite.
Des tubes ultra corrects (Bliss, Plug In Baby), des chansons plus réussies que sur Showbiz et même un titre que l'on pourrait classer au panthéon des meilleurs morceaux du XXIème siècle Citizen Erased (à écouter en Live sur le CD Hullabaloo).
Mais voilà, Muse ne s'arrêtera pas ici...
Il faut d'abord savoir que quelque temps avant que ne sorte Origin of symmetry, Ghinzu nous faisait découvrir son premier album Electronic jacuzzi devenant ainsi le groupe référence du rock lyrique de cette période.
Écoutez Electronic Jacuzzi et Absolution vous trouverez des ressemblances assez dingues...
Bref, passons...passons...
Avec Absolution Muse se découvre un ego. Un gros. Comme preuves, des morceaux inutiles comme Intro et Interlude. Des morceaux où ils envoient la « sauce » et rien d'autre (c'est embêtant), Apocalypse Please, par exemple.
« Après le succès commercial d'Absolution, Muse passe des indés à Warner et prend ses aises dans le délire cosmique de ses productions ».
J'imagine la scène, notre ami Matt Belamy (le « chanteur ») dit à son bassiste Christ Wolstenholme:
-« Hé! T'as vu! Maintenant que l'on a les moyens et qu'on est un groupe commercial qui vend beaucoup on peut se permette de faire tout et n'importe quoi! Yes! Appuie donc sur ce bouton... « bip »... wouah énorme! Viens on va mettre ce son en boucle dans un morceau! »
Ecoutez donc Ruled by secrecy, Starlight, Take a Bow et j'en passe et j'en passe...
Mais laissons de coté Absolution.
 Muse enchaîne alors des tournées mondiales, guichets fermés à chaque concert, une folie incroyable! Ils remplissent même le mythique Stade de Wembley.... Produits dérivés de toutes sortes voient alors le jour: parapluies, sacs isothermes, mugs, gourmettes...
15 millions de CD vendus, mais où vont-ils (enfin) s'arrêter?
Pourquoi autant de succès?
Sur scène Muse atteint des sommets du grotesque, effets pyrotechniques à en faire pâlir George Lucas: une mise en scène taillée à leur démesure. Grotesque, mais en même temps la surenchère absurde d'effets affligeants permet au groupe de se rattraper sur autre chose.
Ah? Qu’entends-je? Comment ça?
« Nous n'avons simplement pas l'intention de nous répéter ».../... « tous nos albums sont très différents » déclare Christ Wolstenholme dans une interview au magazine musicale online « The Sounds Of Violence »
Vraiment? C'est étrange, j'étais pourtant persuadé que Bliss et Hysteria avaient la même structure, même schéma...Je croyais que lorsque des morceaux commençaient exactement par le même style d'intro électro abstraite, pour ensuite balancer un riff construit de la même façon, et enfin terminer sur une plage plus calme où Matt pleurniche pendant 1 minute (TER) c'était la même chose.
Rien qu'avec leur tronche plus rien ne va (bis)
Faut croire que non...
En 2006 arrive avec grand fracas Black Holes and Revelations remarquable déjà pour la finesse de son nom puis pour la légèreté du morceau d'ouverture que le très simple et minimaliste Starlight suivra. Après un début d'album des plus cacophoniques, ils relèvent enfin la tête avec Map of problematic, sans doute le morceau de Muse le moins ignoble de ces cinq dernières années.
Pour ce qui est du reste de l'album, imaginez un énorme gâteau au caramel et chocolat, par dessus duquel vous rajoutez une tonne de chantilly, quelques meringues, de la crème (de toutes sortes) et sur lequel vous ajouterez un nappage. Vous allez vomir comme jamais.
Et ben la deuxième partie de l'album de Muse c'est pareil. Guitare à réverbe comme jamais The Verve n'avait encore jamais osé produire, rajoutez-y le batteur de la fanfare de St Vit et le brailleur habituel....Vous obtiendrez Invicible. A noter sur ce morceau sans doute les passages les plus kitsch de l'histoire de la musique: à 3min36 (le magnifique écho de la voix de Matt) et le solo de guitare où de magnifiques boucles électro viennent s'ajouter.
Toujours dans le cadre du gâteau: regardons un peu le titre au nom de Assassin ou Comment faire croire que l'on est un groupe de rock alternatif alors que l'on est un groupe de rien du tout?. Même formule que sur les autres chansons: Intro insupportable, surcharge d'effets pénibles et inutiles, riff bidesque....
Sur la suite de l'album nous pouvons remarquer que Jean-Louis le batteur de la fanfare de St Vit vient donner une nouvelle fois un coup de main à Dominic Howard. Si si je vous jure c'est bien lui sur l'enregistrement des pistes rythmiques sur Exo-Politics. Seulement comme ça...écoutez à 1min21, on parie que vous allez rire!
 Enfin arrive le dernier morceau: Knights Of Cydonia!! Tadaaam! Les chevaliers de Cydonia débarquent! Magnifique galop en début de morceau auquel un solo de guitare taillé spécialement pour « Guitar Héro » vient s'ajouter. Mais attention ce n'est pas fini...lorsque Matt reprend (pour la deuxième fois) le même couplet, il rajoute sur sa voix l'effet le plus hideux de la décennie. Akon et son vieux Auto-tune peuvent aller se coucher. Matt va reprendre encore le couplet (pour la troisième fois si vous avez bien compté) mais cette fois-ci en plus du très moche vocodeur, Jean-Lu envoie la sauce à grand renfort de cymbales, grosses caisses et charleys tandis que les autres « musiciens » peinent à faire la différence entre musique et bruit. Ils ne la font pas en fait.
Rien qu'avec leur tronche plus rien ne va (ter)
Black Hole and Revelation a sans doute la conclusion d'album la plus laide de tous les temps.
Enfin leur dernier album The resistance paraît 2009...
On pensait que Muse avait atteint l'apothéose de l'écœurement avec Black Hole And revelations, grâce à The Resistance ils en atteignent l'acmé. Prétention. Il n'y a pas d'autre mot....
Prenez Black Hole And Revelations rajoutez-y encore plus de kitsch, d'effets moches et un égo extraterrestre et vous avez The Resistance
Sur chaque titre, on peut remarquer l'idée autour delaquelle ils construisent leur morceaux, le post-refrain sur Uprising, le creshendo sur Unnatarual Selection, l'idée de symphonie sur les exogenesis. Le problème c'est qu'ils n'ont que l'idée et rien d'autre...à chaque fois ils se perdent dans une soupe instrumentale que même les frères Gallagher auraient renié. Ils usent de ces points forts (ces fameuses « idées ») à en plus savoir quoi en faire.
Puis quand même, sérieusement, faut pas être un peu mégalo pour reprendre La Nocturne n°2 de Chopin? Repérable à la fin du morceau United State of Eurasia....
Je passe sur le grotesque des trois ultimes morceaux de ce « CD »

Je tiens à mettre un petit florilège des déclarations de fan de Muse lues sur différents sites de plateformes musicales: (vous excuserez les fautes d'orthographe)
«  Évolution tout au long de leurs albums,c'est ce qui fait que c'est un grand groupe, on a jamais un album qui se ressemble et il nous surprenne tout le temps. » (Ahahahah!!)

« MUSEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! ! ! ! ! ! . quel groupe de malade . c'est des dieux . personne leur arrivera a leurs cheville je dis bien personne . indémodable . leurs album ? hum .... comment dire ? une tuerieeeeeeeeeeeeeee ! . » (véridique)

« On adore, on est fasciné, on est agacé...Indifférent , Impossible ! Une création incontournable. Quoiqu'il en soit, une richesse. » (le mec qui ne sait pas de quoi il parle!)

Le meilleur pour la fin!
« aucun groupe encore en vie ne les vaut :)


Je m'en vais de ce pas militer pour l'avortement (farouchement)

Première parution dans le "pasteur déchaîné" Décembre 2010